Pour un tarif électrique réglementé
flexible, lisible et accessible à tous
Ce 22 septembre matin à Paris, trois associations réunies dans une nouvelle « Alliance Energie Climat » ont présenté une proposition de réforme du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE). Cette réforme vise à réduire le coût de
l’électricité pour tous les consommateurs, et favoriser ainsi l’électrification de l’économie française (bâtiments, industries, transports) dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et alors que s’achève l’été le plus chaud de notre histoire.
Cette proposition consiste à mieux différencier le prix des heures pleines et des heures creuses et surtout à augmenter considérablement ces dernières : leur nombre passerait de huit heures par jour à dix-huit. Des offres de marché « flexibles » existent déjà mais la réforme du TRVE mobilisera un potentiel de flexibilité plus important, y compris en créant une référence pour tous les fournisseurs.
Cédric Philibert, Président d’Avenirs énergétiques, a détaillé la proposition. Comme actuellement, le TRVE prendrait deux formes, au choix des consommateurs :
– un tarif Heures Pleines Heures Creuses (HPHC)
avec des heures creuses pendant la nuit et la plus grande partie de la journée,
– un tarif Tempo avec des heures super-creuses en
milieu de journée, à un coût très réduit. En contrepartie, jusqu’à vingt-deux
jours « Sobriété » en hiver, avec un tarif de l’électricité
délibérément dissuasif pendant les six heures de pointe quotidiennes.
Cette proposition aurait deux intérêts majeurs :
– Une meilleure prise en compte des coûts de
production et distribution de l’électricité, qui varient fortement selon
les moments de la journée
– Une incitation à une plus grande flexibilité de la demande : recharges des chauffe-eau, des véhicules électriques de tous types, modulation des chauffages et climatisations, décalages d’usages de machines, etc.
Elle permettra surtout de réduire la facture pour les
consommateurs grâce à :
– Un moindre recours au gaz fossile et aux kilowattheures ex-fossiles importés
– Un moindre besoin d’investissement dans des
turbines à combustibles et stockages centralisés
– Moins de kilowattheures « écrêtés », c’est-à-dire
perdus faute de consommations au moment où ils sont produits de manière fatale
– Un moindre besoin de modulation des réacteurs
nucléaires
– Un équilibre offre demande facilité
– Un moindre besoin de développement des réseaux
de transport et distribution.
Les très petites entreprises, également éligibles au TRVE, pourraient tirer des bénéfices substantiels de cette réforme. Par exemple, les boulangeries munies de fours électriques
pourront réaliser leurs cuissons de jour dans de bien meilleures conditions économiques. L’Alliance préconise en outre d’ouvrir l’accès du TRVE à toutes les PME.
Enfin, cette réforme permettrait de limiter les dépenses publiques de soutien aux énergies renouvelables, en améliorant le prix de marché perçu par les opérateurs et en réduisant le nombre d’heures à prix négatif ou nul.
Jean-Louis Bal, président d’Agir pour le Climat et Vincent Jacques le Seigneur, Président d’Observ’ER, ont expliqué la création de l’Alliance Energie Climat par le besoin d’unir les forces favorables à l’électrification de l’économie, puissant agent de réduction des importations d’énergies fossiles, pétrole et gaz, et des émissions
associées de gaz à effet de serre.
Ils ont précisé que cette première proposition, faite au gouvernement, au Parlement ainsi qu’aux candidat.e.s à l’élection présidentielle de 2027, serait prochainement suivis d’autres, touchant notamment le domaine de l’habitabilité en toutes saisons des logements et autres bâtiments.
Yannick Jacquemart, ancien Directeur des Nouvelles Flexibilités de Réseau de Transport d’Electricité,Frank Roubanovitch, Président du CLEEE (association des grands consommateurs industriels d’énergie) et Théo André, dirigeant de France Renouvelables, ont exprimé leur soutien à la proposition de réforme du TRVE.
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